03.03.2009

Un jour, j ecrèverais dans le caniveau

Un jour, je crèverais dans le caniveau.


Un jour, je crèverais dans le caniveau

Bouffée par les rats, pour ne pas avoir su combattre mes démons

La douleur lorsqu’elle est là me bouffe de l’intérieur

Comme une sangsue qui vous suce le sang.

De la beauté des mots que j’ai tellement aimés !

Il n’en restera que de la boue durcie sur place

Le restes évaporés dans l’univers au son des cloches

De l’église du coin qui sonnera le glas !

Pour annoncer ma mort, et encore !

Qu’elle utopie de croire que cela pourrait-être ?

Pauvre âme égarée dans l’apocalypse des chairs lacérées par les manques.

Parfois le reflet de mon œil absent de tous sens et de pensées quelconques

Ne sera même plus le reflet de mon âme meurtrie.

Mais celui d’un trou bouffé par les vers.

Inconnue  parmi tant d’autres dans un monde d’indifférences

Je ne serais plus ! Et la vie continuera comme tous les jours

Avec une âme en plus ou en moins qui s’en apercevra ?

Mais peu importe, être morte aujourd’hui ou demain quelle importance ?

Lorsque mes chairs ne ressentiront même plus les stigmates ou les souffrances

Lorsque mon âme si souvent profanée ne verra même plus la lumière !

Où sera la différence entre la vie et la mort ?

Lorsque vous ressentez le désespoir de ne ressentir le plaisir

Oui !  Le divin sacré, celui du touché, celui qui vous fait sentir vivant !

Lorsque l’on vous caresse du bout des doigts

Juste cette petite sensation qui fait que vous êtes aimée.

Pour une nuit ! Pour deux heures ! Pour une vie !

Mais vous savez que vous êtes là ! Que vous êtes vivante.

Putain de vie de merde qui vous rend coupable d’être conne.

De savoir certes ! Mais de n’être qu’une larve incapable de dire merde !

Et de vous laisser enfin vivre et d’oser !

Alors oui ! Un jour, je ne serais plus qu’une fleur morte.

Mais peu importe ! Je ne serais même plus une ombre !

Et je ne me sentirais pas plus aimée qu’aujourd’hui

Alors que je suis vivante mais pourtant tellement morte dans mes chairs de femme.

De Nadia Tazi.

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