04.06.2009

« Aveugle, mais je t’aime toujours »

Histoire longue pour adulte avertie.


J'ai décidée de vous faire profiter de cette histoire parce qu'elle est spéciale, c'est une histoire pour laquelle j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire et j'espère qu'elle vous plaira autant qu'à moi-même.

elle apparaitra de façon fractionnée car elle est très longue et il vou sfaudra vous armer de patience pour la lire entièrement.

Alors je vous souhaite une bonne lecture et beaucoup de plaisir Mesdames.

Partie 1

Aveugle, mais je t'aime toujours

Parfois il arrivait à Johanne de se retrouver étendue sur le sol de sa maison pourtant elle  connaissait sur le bout des doigts chaque endroit de celle-ci mais ce n’était en aucun cas une garantie de non chute à cent pour cent.

Sa maison avait été aménagée en tenant compte de ses nouveaux besoins.  Il n’y avait pas un seul meuble de trop, tous les espaces qui lui servaient de passage étaient libérés de tout encombrement. Malgré cela, il suffisait qu’elle  soit absorbée par quelque chose ou que sa concentration ne soit pas au maximum et s’ensuivait le risque de toucher un meuble un peu trop violemment, allant parfois jusqu’à la chute c’est ainsi qu’elle se retrouvait souvent avec de petites commotions sans véritablement de problèmes plus grave mais qui mettait fin à son inattention.

Johanne avait refusé de l’extérieur toute assistance en dehors de celle qui avait été sa compagne Sérène avec qui elle vivait à l’époque avant l’accident qui avait été fatal pour leur couple.

C’était l’époque où tout allait bien et celle où elle n’avait pas encore cette cécité. Avec le temps Johanne n’avait plus supporté son image et sa dépendance auprès de Sérène, se montrant de plus en plus ignoble envers elle. Johanne avait voulu la pousser à bout jusqu’à ce qu’elle l'a quitte d’elle-même mais Sérène l’aimait vraiment et  elle avait toujours tenu bon jusqu’au jour où elle lui avait demandé ouvertement de sortir de sa vie pour toujours. Pour Sérène qui avait fait preuve de beaucoup de patience de gentillesse et d’amour, cela avait été une vraie torture, n’ayant jamais compris la réaction et l’attitude de Johanne et elle en avait beaucoup souffert avant de finir par céder, car Johanne refusait tout rapprochement de sa part et se montrait de plus en plus irritable dans leur vie de tous les jours.

La perte de la vue l’avait rendu complètement perdue et dépendante. Johanne inconsciemment  avait refusé qu’un jour Sérène puisse ne voir en elle qu’un boulet et non plus la femme pleine de vie et heureuse, qu’elle avait toujours aimée avant cet accident qui avait bouleversé leurs vies. Depuis le temps avait passé et Johanne n’avait jamais oublié Sérène, elle pensait l’aimer toujours mais seulement de la revoir lui confirmerait ses sentiments.

Mais depuis deux jours, son passé l’avait rattrapé et Johanne avait du mal garder les idées claires. En plus de cela après une chute qui l’avait blessé au niveau de sa cheville, elle était incapable de reconnaître au fond d’elle-même que parfois elle pouvait avoir besoin d’aide, sa rage face à l’injustice, la poussait à vouloir se débrouiller seule, chaque pas qu’elle donnait vers l’avant, la faisait souffrir dans ses chairs, dans son âme. La douleur morale l’avait atteinte au plus profond d’elle-même lorsqu’elle était devenue aveugle allant jusqu’à sacrifier l’amour de sa vie. La douleur physique qu’elle ressentait pesait lourd sur son corps et son esprit mais le temps passait et la blessure avait depuis sillonnée son chemin dans ses entrailles et ses cicatrices étaient toujours aussi douloureuses même après toutes ses années.

Pour Johanne avoir envie de quelque chose s’était comme dire j’ai besoin d’aide pour l’avoir alors elle s’était obligée à n’avoir envie de rien, de ne pas être tentée pour ne pas souffrir à nouveau, la vie lui semblait plus facile vécu de cette façon, pas d’envie donc pas de souffrances.

Pourtant elle n’était plus sûr de rien. La mort dans l’âme, elle venait d’être replongée dans ses tourments du passé, et cela l’avait rendu incertaine, fragile, revivant pour un temps, ce retour aux sources étant bien obligé de se retrouver face à son attitude d'égoïste qu'elle avait eue envers Sérène.  Cruellement tout avait changé dans sa façon de vivre plus par contrainte que par volonté mais pas dans son cœur. Aujourd’hui elle avait un autre regard sur son passé mais malgré elle, ses amertumes et ses manques ne cessaient de la poursuivre. Cela la rendait apeurée face au monde extérieur alors qu’elle aurait souhaité être en paix pour l’éternité.

 

La nervosité qui la dominait depuis,  l’agitait brisant sa quiétude quotidienne, ce qui la bouleversait bien malgré elle, car bientôt elle se retrouverait devant, la seule personne qui la connaissait très bien et qui l’avait assisté tout le long de cette période douloureuse. Sérène était la seule personne qui avait le pouvoir de l’émouvoir jusqu’au plus profond de son âme jusqu’à chambouler tous ses sens allant à l’extrême abandon de soi.

 

De Nadia Tazi

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